Un juge des enfants jette l'éponge et dénonce

robemagistrat.jpgIl n'y a pas que des parents abusés par l'ASE (Aide Sociale à l'Enfance) qui sont outrés par la mise en place d'un système qui détourne sa raison d'être. Certains professionnels de la justice le sont aussi. Voici un extrait de l'interview de Gaëlle Trébaol, rédactrice Web en freelance, avec l'ex-juge des enfants Andrée Ruffo, réalisée pour le compte du réseau Familles d'Aujourd'hui. - En 2006, indignée par le pouvoir dominant de la DPJ (Direction de la Protection de la Jeunesse de Québec) et ayant le sentiment de ne plus pouvoir jouer son rôle de juge, Madame Ruffo a choisi de quitter la magistrature. - Il est vrai que l'état de conscience de ses homologues français n'est pas encore à ce stade-là mais le mode de penser et d'agir des fonctionnaires d'Etat est partout  pareil et la ressemblance saute aux yeux. Il n'y a qu'à transposer ses constatations.

Boris Tanusheff

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Gaëlle Trébaol : La fonction de juge comporte-t-elle plutôt des privilèges ou des obligations?

Andrée Ruffo : En théorie, c’est sûr que ce sont les obligations qui doivent prévaloir. Il y a aussi toutefois beaucoup de privilèges sauf qu’il faut faire attention car les privilèges sont là pour nous aider à faire mieux notre travail, à mieux servir. (...) Malheureusement, actuellement les juges subissent une énorme pression de la part de la DPJ. Pour moi c’est clair, ce monopole a pris le dessus sur tout. Quand il y a un monopole de services, c'est un réel problème.

Gaëlle Trébaol : Les enfants sont-ils mieux protégés par la loi qu’il y a 20 ans?

Andrée Ruffo : Il n’y a pas de comparaison. À chaque année, ça empire… Il y a eu des moments où ce n’était pas l’État qui prenait automatiquement en charge les enfants. On faisait appel à la communauté. (...) On disqualifie combien de centaines de grands-parents... Voyons donc! Je pense qu’il y a un grand tournant à prendre. Il faut se recentrer sur l’enfant, refaire le lien avec la communauté et dans les cas très difficiles faire appel à l’État.

Gaëlle Trébaol : Que proposez-vous à la place? Vous parlez de l’aide de la communauté. Est-elle prête à prendre ce rôle?

Andrée Ruffo : (...) Soutenons tout simplement les familles. Quand on place trois enfants dans un centre d’accueil, cela coûte 300 000$. On les sépare, on leur attribue chacun une travailleuse sociale. Finalement, ça coûte ½ million. Pourquoi ne pas leur offrir plutôt un logement correct, un thérapeute qui irait dans la famille une fois par semaine. (...) On aurait pourtant des parents plus compétents et des enfants plus unis. Voyons donc! Au départ, si c’est institutionnalisé ça ne peut mener qu’à un échec.

Gaëlle Trébaol : Combien d’enfants placés ne devraient pas l’être?

Andrée Ruffo : Je ne sais pas mais je sais que 50% des enfants qui sont dans des centres d’accueil sont déprimés et ils ne sont pas traités. (...) Il y a des gens qui sont tellement pauvres qu’ils ne peuvent avoir de loisirs alors on place leurs enfants!!!

Gaëlle Trébaol : Vous avez dit en conférence de presse : " on demande à des juges d'être silencieux, complices dans les sévices que subissent les enfants. " Quelle latitude devrait-on offrir aux juges?

Andrée Ruffo :Toute la latitude pour appliquer la loi! La loi dit qu'on doit décider dans l’intérêt de l’enfant et le respect de ses droits. Pourtant, la DPJ vient dire de ne pas appliquer une ordonnance parce qu’on n' a pas assez de ressources. (...) On est passé par-dessus un juge qui avait rendu une ordonnance pour faire plaisir à la DPJ... On a dit de ne pas respecter mes ordonnances, c’est quand même extraordinairement grave! (...) Les enfants ont besoin de juges indépendants et si on ne veut pas de juges, qu’on nomme donc des travailleurs sociaux et qu’on cesse de faire semblant! Si on veut des Juges, il en faut des vrais et si on n'en veut pas qu’on le dise.

Gaëlle Trébaol : Que pensez-vous de la forte tendance au Québec d’employer un discours "politically correct" ? À vouloir plaire à tout le monde, ne risque-t-on pas de ne rien faire?

Andrée Ruffo : À force de ne jamais dire oui ou non, on n'existe pas. Moi, j’en ai marre des compromis, j’en ai marre des consensus! Le consensus, c’est quoi? Tout le monde dilue et on sait plus ce qu’on pense. On n'a plus le droit de penser autrement. Oser dire qu’on n'est pas d’accord, c’est sacrilège. Oh! Elle ne m’aime pas! Combien de fois j’ai entendu des intervenants, qui sortaient de la cour, dire que je n’avais pas été d’accord avec eux parce que je n’aimais pas les travailleurs sociaux.(...)

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L'ancienne juge de la Chambre de la jeunesse Andrée Ruffo prend la parole devant les militants adéquistes (ADQ - Action Démocratique du Québec). Madame Ruffo, connue pour sa défense des droits des enfants, avait démissionné en 2006 afin de pouvoir jouir d'une pleine liberté de parole. Rappelant les paroles de Clemenceau qui disait que l'État avait trop d'enfants pour être un bon père de famille, elle a déclaré " Je crois encore aux familles. [...] Ce n'est pas vrai que c'est l'État qui donne de l'amour aux enfants ", a-t-elle lancé en allusion au programme de garderies. Et d'ajouter : " Il faut revenir à la communauté et c'est urgent de le faire ".


Mario Dumont, ex-chef de l'Action Démocratique de Québec et animateur de l'émission quotidienne Dumont  sur l'antenne V, revient avec l'ex-juge Andrée Ruffo sur le cas d'un père de l'Outaouais à qui le DPJ a retiré ses enfants.

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Commentaires (3)

1. Jean Robert (site web) 07/09/2012

Pour en savoir plus je vous invite à consulter mon site: http://assezdudpj.webcov.com/ pour en savoir plus sur ce système dont le fonctionnement s'apparente plus à une mafia qu'a un organisme public. Bénificiant d'une totale impunité, on prend conscience qu'un véritable cartel comprenant des juges, avocats, pseudos experts et mercenaires à cota ont mis en place un système de collusion et de corruption visant à l'enlèvement du plus grand nombre possible d'enfants en fonction de l'enrichissement de l'entreprise des centres jeunesse qui empoche plus de $100,000.00 / ans / par enfant détenu. Une révolte publique s'impose et ça urge.

2. seguin-vilaysack 29/11/2013

Bravo...maintenant faudrait qu'un juge français en fasse autant !

3. marie 13/08/2014

Mon fils n aurait jamais du être placé a L ASE il a été traumatisé, car il a été confronté a des enfants qui avaient de véritable problème…Moi je n ai pas pensé un seul instant a demandé au juge pendant l enquête ou les 6 mois a l ase car j étais dévasté, que son père le prenne chez lui…Mais cela n arrangeais pas le père….car pendant l enquête les assistantes aurez vu que son père l emmener a l étranger et que cela aurait été une nounou qui s en occupé.;c est ce qui s est passé quand il a récupérer la garde….Comment un homme qui m abandonne au 3 Eme mois de grossesse , qui ne reconnait pas son fils, que son père m est battu a 13 reprises et jugé…puisse avoir la garde….Et une fois a l étrange aucun suivie…On m a meme reprocher l association olga SPITZER d avoir eu mon parcourt d enfant jusqu'à 2005, c est a dire pas de parents, élevé par mes grands parents…sortie médaillée d argent comme danseur au conservatoire de Paris…et d avoir travaillé dans le milieu du spéctacle…Et de donner et d offrir trop de cadeaux a mon fils et de le traité en enfant roi!!!Une aberration….Juge, L ASE, policiers brigades des mineurs, assistances sociales, olga Spitzer sont une vrai MAFIA…comme certains politique…toujours en placent et avocats véreux…Je peux témoigner mais anonymement.Marie

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